Les mythes et légendes autour du rhum 

février 4, 2025

L’histoire du rhum en Guadeloupe est riche et fascinante, mêlant à la fois les influences coloniales, la tradition orale des populations autochtones et une industrie qui a survécu à travers les siècles. Le rhum est plus qu’une simple boisson dans les Caraïbes, il est le reflet d’une culture et d’un héritage historique qui a été transmis de génération en génération.

Une des légendes les plus célèbres concerne la création du rhum. Selon cette histoire, le rhum est le fruit d’un pacte entre un vieux planteur de canne à sucre et le diable. En échange de son âme, le planteur a obtenu le secret de la distillation, donnant naissance au premier rhum. Pour cette raison, on dit souvent en plaisantant que chaque gorgée de rhum contient une goutte de l’âme du planteur.

Mais bien d’autres mythes et histoires fascinent l’industrie du rhum. 

Le rhum « fantôme »

Dans les Caraïbes, il existe une légende qui raconte que les distilleries de rhum abritent les esprits des esclaves qui y ont travaillé. Selon cette croyance, les effluves de fermentation et de vieillissement du rhum attirent ces âmes errantes, qui veillent sur le processus de production ou hantent les lieux. Pour apaiser ces esprits ou éviter d’attirer leur colère, il existe une tradition dans certaines régions des Caraïbes : avant de boire un verre de rhum, on verse quelques gouttes au sol ou sur une pierre en guise d’offrande. Ce geste symbolique serait une manière de remercier les esprits pour leur protection ou pour leur travail passé dans les champs de canne.

Dans les distilleries où la croyance est encore vivace, les ouvriers peuvent aussi murmurer une prière ou effectuer une libation (action de verser) avant de commencer la production.

Une histoire a marqué les esprits des caribéens

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Plusieurs vieilles distilleries en Jamaïque, à la Barbade ou en Haïti sont réputées hantées. L’une des histoires raconte qu’un maître distillateur aurait vu, lors d’une nuit de pleine lune, une file de spectres traversant la salle des fûts. Ils semblaient veiller sur les barriques comme s’il s’agissait de leur trésor.

Le rhum « maudit »

Selon la légende, ce rhum particulier proviendrait d’un champ de canne à sucre marqué par des événements tragiques, souvent liés à l’esclavage.

Dans certaines versions, ce champ aurait été le site d’une révolte d’esclaves violemment réprimée. Le sol aurait été imprégné de la douleur et du sang des esclaves assassinés. Lorsque la canne à sucre fut récoltée et transformée en rhum, l’esprit des morts serait passé dans le produit, transformant le rhum en un breuvage maudit.

Dans d’autres versions, un distillateur cruel aurait eu recours à des pratiques occultes pour maximiser ses récoltes et la qualité de son rhum. Il aurait sacrifié des esclaves ou pactisé avec des esprits malveillants, mais cette magie noire aurait imprégné le rhum d’une malédiction.

Selon la légende, ce rhum porte un pouvoir sombre qui apporterait à ceux qui le consomment ou le possèdent de la malchance, des visions et des hantises et une mort inexpliquée. 

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Des histoires célèbres racontent cette malédiction

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Le naufrage du « Diable Noir » :

Un célèbre navire pirate, surnommé le « Diable Noir », aurait transporté un lot de rhum maudit. Une nuit, sous un ciel clair, une tempête soudaine aurait englouti le navire. Les rares survivants racontèrent avoir entendu des rires sinistres et vu des ombres sur le pont avant que le bateau ne sombre.

La distillerie damnée :

Une ancienne distillerie des Caraïbes, aujourd’hui en ruine, serait réputée pour avoir produit ce rhum maudit. Les locaux disent que quiconque s’y aventure entend des bruits étranges et ressent une présence oppressante, comme si les esprits veillaient encore sur le lieu.

La part des anges

Lorsque le rhum vieillit dans des fûts de chêne, une petite partie du liquide s’évapore à travers le bois poreux. Cette évaporation, bien que naturelle, représente une « perte » inévitable.
Dans les Caraïbes, où les températures sont chaudes et l’humidité élevée, la part des anges est particulièrement importante. On estime qu’environ 6 à 10 % du rhum peut s’évaporer chaque année (bien plus que dans les climats tempérés, où ce taux est d’environ 2 %).

Les distillateurs ont surnommé cette évaporation « la part des anges », comme si les esprits célestes venaient eux-mêmes goûter au précieux nectar.

Le terme « part des anges » est né en France, probablement dans les régions où l’on produisait du cognac et d’autres spiritueux. La poésie de l’expression s’est rapidement répandue dans le monde entier. L’idée d’anges venant profiter du spiritueux s’intègre parfaitement aux récits mystiques et religieux des cultures européennes et caribéennes.

Les traditions et croyances autour de la part des anges 

Offrandes aux esprits :

Dans certaines distilleries, il est d’usage de laisser quelques gouttes de rhum à la mémoire des ancêtres ou en hommage aux esprits qui, selon la légende, viennent goûter le rhum.

Protéger les tonneaux :

Les anciens croyaient que des prières ou des rituels pouvaient limiter la part des anges. On raconte que des distillateurs brûlaient des herbes ou murmuraient des bénédictions pour protéger leurs précieux fûts.

Les anges gardiens :

Certains disent que ces anges, en échange de leur part, veillent sur les caves et protègent le rhum de la détérioration ou des vols.

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Les chiffres fascinants de la part des anges

En 20 ans de vieillissement, il est possible de perdre jusqu’à 60 % du contenu initial d’un fût dans les Caraïbes. C’est l’une des raisons pour lesquelles les vieux rhums sont si rares et précieux.

Dans une grande distillerie, les pertes dues à la part des anges peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers de litres par an, ce qui représente une valeur considérable.

Pour visualiser, imagine une « offrande » permanente flottant dans l’air des caves à rhum, imprégnant l’atmosphère d’un subtil parfum d’alcool et de bois. Certaines caves sont célèbres pour cette odeur envoûtante.

L’héritage moderne de la part des anges

Aujourd’hui, la part des anges est devenue un symbole dans l’univers des spiritueux. Des distilleries jouent avec cette notion en créant des éditions spéciales ou en l’intégrant dans leur marketing. Par exemple, certaines bouteilles de rhum haut de gamme mentionnent sur leur étiquette que leur « qualité exceptionnelle » est le résultat d’un long vieillissement et, bien sûr, de la part des anges.

Dans d’autres cas, des artistes et écrivains se sont inspirés de cette idée pour évoquer des thèmes de perte, de sacrifice et de connexion avec l’invisible.

Carla Sutter, 4 février 2025

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